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Le film tourné dans le laboratoire de technologie en 2011 par l'agence des usages -

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https://www.reseau-canope.fr/notice/dematerialisation-du-classeur-de-technologie.html

Dématérialisation du classeur de technologie

Patrick Richard, professeur de technologie au collège Emmanuel de Martonne à Laval (53) et membre du groupe d’experts chargés de l’écriture des programmes de technologie, présente la dématérialisation du classeur de technologie sur clés USB individuelles.

L’écriture numérique au service de la construction d’une sphère professionnelle de l’élève

Au-delà de l’expérimentation menée au collège Emmanuel de Martonne à Laval nous désirons proposer une extension de la problématique de dématérialisation des supports de cours via une clé USB/ENT.

Suite à l’étude du processus d'écriture numérique dans l’enseignement de la technologie au collège au niveau troisième, nous posons une question : en quoi le développement des ENT modifie le rapport à l'écriture dans les pratiques de classe en éducation technologique ?

Les TIC en liaison avec l’enseignement de la technologie

Les technologies de l'information et de la communication, apparues au début des années 1985, se sont largement développées, au collège, dans les enseignements pour tous les élèves, grâce à leur introduction comme une composante forte de l’enseignement de la technologie. Cet enseignement a intégré, notamment dans la version de 1995, tout un ensemble de contenus qui portaient explicitement sur les TICE en fixant une progression, des activités possibles et des compétences à acquérir lors des séquences de technologie. Cette discipline prend donc une part importante dans la diffusion et la généralisation des pratiques intégrant leur usage.

L’impact des TICE sur l’enseignement et les apprentissages

De fait, l’organisation des enseignements se trouve profondément modifiée et les dispositifs mis en œuvre par l’enseignant à destination des élèves s’inscrivent dans un nouveau type de rapport au(x) savoir(s). L’enseignant n’est plus celui qui détient un savoir qu’il transmet à ses élèves, il devient progressivement quelqu’un qui organise les situations permettant aux élèves d’accéder au(x) savoir(s). Ainsi, la construction des situations didactiques devrait refléter ce changement radical de posture.

Les possibilités offertes par les connexions à des réseaux provoquent des modifications de pratiques chez les utilisateurs en général, chez les élèves en particulier. Ils deviennent acteurs-auteurs de publications électroniques,  ils développent de nouvelles formes d’autonomie dans les apprentissages et dans leurs rapports au(x) savoir(s). Ils s’initient au travail collaboratif-coopératif. Ils organisent leur propre banque  de ressources numériques qui fonctionne comme une sorte de mémoire numérique toujours disponible.

Les objectifs du projet

Entre autres questions, ce travail devrait permettre d'observer de près :

  • en quoi le fait de travailler sur la réalisation individuelle et/ou collective d’objets médias numériques destinés à être publiés en ligne, et donc à être consultés par d’autres personnes, modifie la relation que l’élève entretient à l’écriture ;
  • en quoi le fait de constituer une base d’objets médias participe à la mémoire numérique d’un lieu matérialisé en premier par l’individu, en deuxième par la classe et en troisième par le collège ;
  • en quoi cette mémoire numérique participe à la construction de savoirs où les références sont mal définies et ne peuvent s’identifier spontanément à des corpus de savoirs savants.

Et donc, d’un point de vue des apprentissages, ce travail devrait permettre de regarder les processus d’élaboration des objets de savoirs, notamment au travers de la construction et la manipulation des artefacts.

Nous étudierons, en adoptant une posture prédictive, une organisation de transmission-appropriation d’un savoir spécifique référencé auquel on enlève les outils de script classiques pour les substituer par des outils de script numériques. Nous regarderons les incidences produites sur cette organisation elle-même et sur l’économie du système en général.

Vaste ouvrage qui dans une actualité numérique toujours brûlante, devrait poser les bases de nouvelles formes d’écritures au service de l’acquisition des connaissances-compétences.

Transcription

Patrick Richard, professeur de technologie.
-Vous insérez les images depuis votre clé USB.
Le copier-coller entre les applications ne fonctionne pas.
Donc, il faut que les images soient sur votre clé, puis vous les insérez.

"Genèse du projet"

2006, à cette époque-là, après les diverses expériences autour de l'usage des nouvelles technologies dans le collège, on se dit : "Le classeur papier de l'élève, basique, habituel, ne pourrait-il pas être dématérialisé ?"
Donc, la demande faite auprès du Conseil général, c'est : "Pouvez-vous mettre à disposition de nos élèves 30 ordinateurs portables, un par élève, et une clé USB ?"
Donc, on distribue 150 clés USB à chaque élève de 3e, et cette clé va lui servir de classeur de technologie.

"Organisation du classeur"

L'idée que, quand il arrive dans la classe, il laisse son classeur, ses crayons, ses papiers, il arrive avec sa clé USB, branche son ordinateur, installe sa clé USB, le professeur commence son cours, c'était la base de l'expérience.
Ensuite, l'élève de 3e n'utilise plus de logiciels dans les machines.
L'ordinateur n'en a plus.
L'élève utilise le navigateur internet pour accéder aux logiciels sur des serveurs.
Et comme ces logiciels sont sur des serveurs, tous les fichiers réalisés par les élèves de 3e ou proposés par le professeur sont sur ces serveurs.
Donc, à un moment donné, l'organisation de la clé USB devient identique à celle des fichiers sur les serveurs et prend un rôle particulier car elle devient aussi un outil de sauvegarde et de sécurité, car tout ce qui est fabriqué sur le serveur en ligne peut être téléchargé sur la clé.

Inès, élève de 3e.
-C'est mieux, la clé, parce que c'est léger.
C'est pas lourd dans le sac, et c'est facile à transporter, puisqu'on peut la mettre dans une trousse ou dans la poche.
"Déroulement de la séance" Thomas, élève de 3e.
-Au début de la séance, on prend notre clé USB.
On la branche sur notre ordinateur.
Ensuite, selon les exercices que nous demande le professeur, on va sur Internet...
Patrick Richard, professeur de technologie.
-Donc, diaporama avec, comme fiche d'introduction, une diapo sur le nom de l'entreprise et le titre du concours.
"Un cartable léger et solide" et le nom de votre entreprise au-dessus.
Au bout de 5 minutes, j'interviens avec, en fond de tableau, les grandes étapes du cours, parfois le plan de la présentation à réaliser.
Je réponds aux questions et j'invite chacun à produire l'activité.
Et je leur donne rendez-vous pour un bilan 1h15 plus tard, sachant que pendant ces 1h15, je vais à la rencontre de chaque élève, observer sur mon ordinateur comment il travaille.
Une élève de 3e.
-On est plusieurs, en groupe.
Donc, sur l'ordinateur, on chatte pour parler de notre projet.
Thomas, élève de 3e.
-On peut se parler, mais en étant sur un même fichier, sans se parler à haute voix.
Donc, oui, je trouve que ça change, les méthodes de travail collaboratif.
Patrick Richard, professeur de technologie.
-J'ai l'impression qu'il y a du calme dans la classe.
On crée une sorte de "sérénité".
Sophie, élève de 3e.
-La classe est plus détendue.
Chacun travaille à son rythme, et si on n'a pas eu le temps de terminer, on peut toujours, chez nous, avec notre clé USB, finir le travail.
Une élève de 3e.
-Faut-il faire une moyenne pour le poids des cartables des élèves ?
Patrick Richard, professeur de technologie.
-Les questions posées sont plus pertinentes et moins agressives.

"Une évaluation collective"

En travail coopératif, on évalue en collectif.
Je demande aux élèves de venir présenter leurs réalisations au tableau.
Pendant qu'ils présentent, je demande au reste de la classe de noter avec une feuille de notation et des critères que nous avons définis ensemble.
J'affiche le tableau des notes et on regarde les différences de notation.
Si cette note correspond à ma note, à plus ou moins deux points, elle est acceptée dans la notation.
Un élève prend conscience qu'il peut être noté par le professeur et par ses pairs, et donc que lui-même, à un moment donné, pourrait se noter.
Cette co-évaluation me semble facilitée avec les outils numériques, car c'est simple à faire, on fait tout dans le même cours.
Sans les outils numériques, on ne le ferait pas, car le cours suivant, l'élève a déjà oublié la façon de travailler.
Et la note n'aurait pas le même goût.
Là, dans le même cours, il évalue, il voit la note et le résultat.

"Les bénéfices des TICE pour les élèves"

Je pensais qu'en mettant à disposition des ordinateurs en 1995-1996, on allait réduire les différences entre un élève en difficulté et un élève qui l'est moins.
Or, quelques années plus tard, en 2010, on continue à booster l'élève en difficulté, mais il l'est moins vite que l'élève qui n'est plus en difficulté, qui, lui, prend tout le bénéfice de l'usage des outils numériques à son service.
Et nos élèves qui sortent de 3e, on leur a donné des compétences larges, une autonomie dans les recherches et dans les réalisations et les choix, qui fait qu'on a augmenté cette différence et que les résultats s'en ressentent.
Thomas, élève de 3e.
-J'ai eu des ordinateurs tout petit, donc ça va bien en cours.
Mais ceux qui n'en avaient pas avaient un peu de retard dans l'utilisation de la clé USB.
Ensuite, c'est pratique, car elle ne nous sert pas qu'à l'école.
On peut s'en servir aussi si on fait un fichier pour nous, à la maison.
Patrick Richard, professeur de technologie.
-Ce qui est important, et c'est là que le projet prend du sens, c'est que les services qu'il utilise, qui sont souvent personnels, à la maison, il utilise du chat, des forums, du téléchargement, ici, on les rebalance.
Ce qui est dans une pratique personnelle devient une pratique professionnelle.
On lui apprend à construire la frontière qu'il y a entre les deux usages.
Et ça, ça me semble pertinent.

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